Le Semis Direct devient de plus en plus populaire : ses divers bénéfices agro-environnementaux sont désormais connus et reconnus.  Mais avant de se lancer, il faut bien mûrir le projet. 

Parmi les points importants, le choix du semoir... Le discernement est de mise

et nous vous présentons ici notre vision des choses.

Le semis direct, c'est-à-dire sans le moindre travail du sol préalable, nécessite le recours à des semoirs spécifiques. Pour réaliser un sillon permettant de positionner les semences dans un sol intact, ces semoirs font appel à deux principaux organes élémentaires dont il existe une grande diversité de types et de montages :

  • Disques : lisses, crénelés, gaufrés, montés seuls ou par paires, d’un diamètre plus ou moins important, avec plus ou moins d’angle, plus ou moins d’inclinaison, etc.

  • Dents : porteuses de socs plus ou moins larges, plus ou moins fuyants, avec ou sans ailettes, montés sur un élément fixe ou mobile par rapport au sol, etc.

Pour couronner le tout, chaque constructeur y va de ses avantages et défend bec et ongles son système. Il n’est donc pas aisé pour un agriculteur de faire le tri et finalement le bon choix parmi une offre toujours plus fournie. D'autant qu'aucun semoir n’est parfait...

 

Malgré leurs avantages et inconvénients, disques et dents restent très complémentaires et, de ce fait, cohabitent dans la plupart des régions du monde, et parfois sur une même ferme.

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Chez ce client de Seine et Marne, derrière la trémie du Simtech, se cache un semoir à disques. Parfois il n'est pas superflu d'avoir plusieurs cordes à son arc. 

Semer en direct nécessite de relever trois défis principaux. Voyons en détail

comment les différents semoirs y répondent au regard de leur configuration ! 

 

 

1. Pénétrer un sol intact

Le semoir à disques tend naturellement à rouler en surface, raison pour laquelle il faut de fortes contraintes sur les éléments semeurs pour pénétrer le sol. Cela se fait généralement par l’action combinée d’une pression verticale, d’un certain angle par rapport au sens d’avancement et d’une inclinaison par rapport à la surface du sol. Le mode d’action des disques s’apparente à une incision relativement « chirurgicale », ce qui génère une faible perturbation du sol. Cependant, et malgré son poids généralement élevé, le semoir à disques est fréquemment limité en pénétration, notamment en conditions sèches.

A l’inverse, le semoir à dents tend naturellement à rentrer dans le sol dès lors qu’il est tracté et ce, malgré un poids bien souvent inférieur. Le design auto-pénétrant des socs permet de travailler dans des sols très durs. De ce fait, il est important de limiter cette pénétration à la profondeur de semis voulue. Le mode d’action des socs plus radical génère par contre davantage de perturbation du sol et ce, d’autant plus que le soc est large.

 

 2. S’affranchir des débris végétaux

Son caractère roulant fait du semoir à disques un outil généralement à l’aise dans le franchissement des débris végétaux quels qu’ils soient. Il faut simplement que les disques trouvent la motricité nécessaire pour tourner sous peine de bourrage, ce qui est le cas à de rares exceptions près (sol excessivement meuble par exemple). Cependant, passer n’est pas semer. Si le semoir à disques est rarement arrêté par la végétation, cela ne signifie pas pour autant que le sillon soit indemne de débris, critère pourtant très important au regard du contact sol-graine. 

A l’inverse, le semoir à dents effectue toujours un nettoyage efficace de la ligne de semis, balayant les débris végétaux gênants. Mais comme ses éléments semeurs sont relativement immobiles (pas de mouvement perpétuel tel des disques en rotation), les débris risquent de stagner sur les dents et de s’évacuer avec moins de fluidité. Cela peut générer des amas voire des bourrages qui peuvent entraver significativement le semis. La capacité de l'outil à s’affranchir des débris est très variable et dépend bien sûr de la configuration du semoir mais aussi d’un grand nombre de paramètres externes : biomasse, type et état de la végétation, humidité ambiante, etc. 

 

 3. Créer des conditions favorables à la germination

Le semoir à disques réalise le plus souvent un sillon en forme de V plus ou moins prononcé et incliné au fond duquel est déposée la semence. Alors que les petites graines atteignent le fond du sillon, les plus grosses restent souvent coincées à une profondeur moindre, ce qui va à l’encontre de leurs besoins respectifs. Le contact sol-graine est dégradé par l’absence de terre fine autour des semences. Compte tenu des fortes contraintes mécaniques qui s’exercent sur les disques pour ouvrir le sol, notamment la pression verticale directement liée au poids élevé de ces semoirs, les parois du sillon sont souvent lisses et compactes ce qui n’encourage pas l’exploration racinaire. La force nécessaire à l’ouverture du sillon rend la fermeture de celui-ci d’autant plus difficile. Or en l’absence de terre fine, cette fermeture est essentielle pour le contact sol-graine. Elle l’est tout autant pour conserver de la fraicheur dans un sillon en V naturellement soumis à l’évaporation du fait de sa forme évasée vers la surface.

A l’inverse, le semoir à dents est apprécié pour sa capacité à placer les semences en contact étroit avec le sol, dans un sillon ayant le plus souvent la forme d’un U. En fracturant la surface, les socs "décompactent" en quelque sorte la ligne de semis et génèrent une terre fine très favorable à la germination. Les graines sont naturellement recouvertes par ce flux de terre. La minéralisation qui en résulte est garante de vigueur pour les plantules. Ce sont les qualités reconnues communes à tous les semoirs à socs mais la grande diversité de types de socs et de montages donne tout de même lieu à des résultats parfois très variables d’un système à l’autre.

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Pour une jeune graine, certains débuts sont parfois plus faciles que d'autres... 

Outre les capacités d’un semoir direct à relever les 3 défis présentés précédemment, d’autres facteurs

- et non des moindres - doivent être pris en considération lorsqu’il s’agit de faire son choix.

Parcellaire et assolement

Il est évident qu’on ne raisonne pas de la même manière et qu’on ne cultive pas les mêmes choses lorsqu’on est céréalier en plaine sur des parcelles de 20 ha de moyenne ou éleveur en montagne sur des parcelles étriquées et des pentes à 40%. Dans ce dernier cas, les options sont clairement moins nombreuses.

Nature des sols

Un semoir à disques est nettement plus pénalisé dans des terres fortes où les problèmes de pénétration en conditions sèches et de lissage/compaction du sillon en conditions humides sont exacerbés. Idem en sol très caillouteux où le semis est perturbé par les disques qui pianotent en permanence. En revanche, un semoir à dent sera moins adapté dans des sols où la roche affleure fréquemment, le disque offrant dans ce cas un fonctionnement plus fluide et un moindre risque mécanique.

Itinéraires culturaux

Certains semoirs directs peuvent aussi être utilisés sur des sols préalablement préparés quand d’autres en sont incapables. Ces semoirs moins spécialisés mais plus polyvalents sont à privilégier si le recours au travail du sol, même ponctuel, est une option ou une nécessité (cas de l’Agriculture Biologique notamment).

Conception mécanique et coût d’utilisation du semoir

Certains semoirs directs sont mécaniquement simples, dotés de composants basiques. Il en résulte des coûts d’achat et d’entretien généralement faibles. D’autres sont beaucoup plus sophistiqués et représentent des investissements très importants. Dotés d’éléments semeurs mécaniquement complexes, avec de nombreux composants mobiles et articulations, ils peuvent nécessiter un entretien conséquent à plus ou moins long terme et le budget qui va avec.

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Ici Baptiste présente à des étudiants, les avantages et limites de chaque type de semoir

Et Simtech dans tout ça ?  

Soyons clair, nos semoirs appartiennent résolument à la catégorie des outils à dents quand bien même elles sont précédés de disques ouvreurs. Nos outils présentent cependant une particularité de taille : leur soc très fins produisant un sillon horizontal en forme de T inversé et non un classique sillon en forme de V ou de U.

Cette technique de semis direct est simple, efficace et largement éprouvée sous toutes les latitudes depuis les années 80. Elle donne d’excellents résultats dans des situations très diverses, quel que soit le type de sol, l'état de la surface ou les conditions climatiques. Elle se démarque d’autant plus des autres techniques que les conditions sont difficiles : sol trop sec ou au contraire trop humide, présence d’une végétation concurrentielle (semis sous couvert vivant, sursemis de prairie), etc. 

Preuve de l'efficacité et de la polyvalence du système, les deux régions qui comptent la plus forte densité de nos semoirs en Europe sont l'Irlande et la Corse : deux régions pourtant très différentes en termes de conditions climatiques !

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Ici un T-Sem Grass aux semis de printemps en Irlande